L’histoire des tabliers
Je ne crois pas que nos enfants connaissent ce qu’est un tablier.
L’usage principal du tablier de grand-mère était pour protéger sa robe, car elle n’en avait pas beaucoup.
C’était aussi parce que c’était plus facile à laver que les robes et que ça prenait moins de tissu.
Il servait comme mitaine pour retirer les casseroles chaudes du four.
C’était merveilleux pour sécher les larmes des enfants…
Quand la visite arrivait, ces tabliers étaient des cachettes idéales pour les enfants timides.
Quand la température était froide, grand-mère l’enroulait autour de ses bras.
Ces tabliers solides ont essuyé la sueur qui ruisselait sur son front, près du poêle.
Ils servaient à transporter toutes sortes de légumes venant du jardin.
Après les pois écossés, le tablier transportait les gousses.
À l’automne, il transportait les pommes tombées de l’arbre.
Quand la visite inattendue s’amenait, ce vieux tablier pouvait épousseter quelques meubles en quelques secondes.
Commentaire
Grand-mère mettait ses tartes aux pommes fraîchement sorties du four sur des bords de fenêtres pour les refroidir. Aujourd’hui, ses petites-filles mettent les leurs à dégeler…
Elles deviendraient folles à essayer de déterminer combien de microbes contenaient ces tabliers. Je ne pense pas avoir rien attrapé d’un tablier excepté… de l’amour!!!
Merci à toutes les « Grands-mères » et « Mamies » de la terre…
Auteur inconnu
Paroles à un petit-fils
Un jour viendra peut-être où tu voudras à mes côtés pour me demander conseil. J’espère que je serai là mais comme tu vois, je vieillis. Et rien ne nous assure que la vie sera fidèle à nos espoirs, surtout ceux des vieillards. Alors je t’écris ce que je sais et un jour nos cœurs se rencontreront dans ces mots, - si tu y consens.
Au milieu d’un pays qui ignore le silence, tu dois te tailler une place. Ceux qui ont usé bien des chaussures savent où mette le pied. Tu ne saurais porter leurs chaussures mais tu peux suivre leurs pas, - si tu y consens.
Tu es né d’une race timide. Nos manières sont silencieuses. Nous avons toujours fait les choses avec grande douceur, comme le ruisseau évite la roche dure, dans sa quête de la mer et rencontre au passage le chevreuil. Toi aussi tu dois suivre le sentier de ta race. Il est fidèle et profond, fiable et durable. Il est toi-même, - si tu y consens.
Tu fais partie des petites gens, mais il vaut mieux avoir peu de ce qui est bon, que de posséder beaucoup de ce qui n’est pas bon. Ton cœur te le dira, - si tu y consens.
Remarque les jours où la pluie coule abondante : leur grisaille fait germer bien des pensées. Le ciel bas donne à la terre une toute autre couleur. Après la pluie, l’herbe perdra sa moiteur, la brume lèvera dans les arbres, le ciel brillera de nouveau et la lumière jouera dans les gouttelettes qui ornent toutes choses. Ton cœur battra d’une joie nouvelle, - si tu y consens.
Chaque jour t’apporte une heure de magie, pourvu que tu l’écoutes! Les choses te chucheteront leurs secrets. Tu apprendras ce qui rend l’herbe bonne, change les jours en nuits, fait graviter les étoiles et amène les saisons. Et quand tu auras découvert un peu de la sagesse de la nature, garde-toi de toute complaisance : tu ne saurais être plus sage qu’elle. Ta sagesse ne peut dépasser celle que tout homme ambitionne, - si tu y consens.
Nos mœurs sont bonnes mais seulement dans notre monde. Si la flamme de la mèche de l’homme blanc t’attire, renseigne-toi sur ses mœurs pour que sa compagnie te soit supportable; mais à marcher dans son monde, tu te sentiras étranger. Pendant quelque temps, comme un esprit hideux, la confusion sera ton tourment. Compte alors sur la terre sacrée : le bon esprit reviendra. Il te fera don des mœurs nouvelles, - si tu y consens.
Mets à profit le silence dont tu as hérité pour observer les autres. Si dans un regard d’homme la bonté a fait place à la cupidité fais de lui ton miroir; tu apprendras à comprendre et à te garder meilleur. Ne méprise pas les faibles : c’est la compassion qui fera ta force. Le riz ne tombe-t-il pas de ton panier pendant que tu souffles la balle au loin? Il y a du bon en toute chose, - si tu y consens.
À l’approche de la tempête, tes yeux ne trouvent plus l’horizon et tu perds de vue bien des choses. Garde ton amour de la vie, il est le sang même qui coule en tes veines. Plus tu avanceras dans les années, plus tu trouveras le calme en ton cœur. C’est là le don de l’âge : le profond et riche coloris de l’automne, - si tu y consens.
Quand je regarde au-delà de l’aujourd’hui, j’ai une sorte de vision : je vois les visages des miens, les fils de vos fils, les filles de vos filles. L’air se peuple de rires, il n’est plus jaune, ni lourd. Les machines se sont tues, la terre a retrouvé sa tranquille beauté. Les mœurs douces de notre race nous ont ramenés aux jours d’antan. Il fait bon de vivre! Il fait bon de mourir! – J’y consens.
Le chef Dan George
De tout mon cœur
Les éditions Bellarmin, 1979
Paix
Le silence l'enveloppe Elle est une oasis
Depuis l'aube de l'Humanité À visiter en tout temps
Et dans sa solitude Où la prévenance et l'entregent
Cherche des lieux de présence. Sont qualités d'accueil.
Elle est harmonie Elle sème dans le temps
Et crée autour d'elle La graine du changement
Le bien-être de la relation Et dans le désert de la guerre
À vivre au jour le jour. Fleurissent les lys de paix.
Elle s'ancre dans le cœur Elle est nuit de Noël
Et touche tous les êtres Et signe d'éternité,
En quête de ce qu'elle porte Elle montre un passage
Toujours en état de service. Éclatement de Pâques.
Elle est toute en douceur
Et jamais ne s'impose Yvon Matte
Qui l'accueille respire 21 septembre 2010
Les odeurs de l'entente. Suite à une rencontre I&C
Elle se dessine de quotidien
Et touche les âmes sensibles.
Elle ouvre la porte du dialogue
Pour révéler l'enfant intérieur.